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52 av. J.-C. une année décisive dans la Guerre des Gaules

France Alesia

52 av. J.-C. une année décisive dans la Guerre des Gaules

La bataille d’Alésia

52 av. J.-C. une année décisive dans la Guerre des Gaules

Voilà plus de six ans que César se forge en Gaule la réputation d'un chef de guerre hors du commun. Toutefois, pendant l'année 52 avant J.-C., la situation est plus périlleuse que jamais : l'insurrection des peuples gaulois coalisés autour de Vercingétorix est quasi-généralisée.

Sa tentative de prise de Gergovie ayant échoué, César décide, durant l'été, de se replier. Après avoir refait ses forces entre la Loire et l'Yonne, il a pour intention de gagner la Province romaine (sud de la Gaule) en empruntant les voies les plus sûres. L'armée du proconsul est cependant attaquée sur ce trajet, probablement au nord-ouest de la ville actuelle de Montbard.

Le refuge des cavaliers gaulois à Alésia

Au cours de cette attaque surprise, Vercingétorix mise sur l'habituelle supériorité de ses cavaliers mais les Romains, grâce à l'apport de la cavalerie germanique, les mettent en déroute. C'est alors que le commandant en chef gaulois décide d'installer ses troupes dans l'oppidum d'Alésia.

À ses côtés, 80 000 hommes, selon César. Face à eux, dix à douze légions romaines (soit 40 à 45 000 hommes), auxquels s'ajoutent plusieurs milliers d'auxiliaires et de redoutables cavaliers germains.

Des travaux romains de grande envergure

César entreprend aussitôt de faire le siège de la place forte des Mandubiens, les Gaulois de l’actuel pays d’Auxois, en Bourgogne. Pour cela, il programme des travaux colossaux qui vont s’étendre sur un vaste territoire : cinq collines et une plaine longue de plusieurs kilomètres.

Deux lignes fortifiées, assorties d’une trentaine de camps, sont peu à peu construites. La contrevallation, première ligne de défense longue de 15 km, est tournée vers l'oppidum pour empêcher les assiégés de sortir. La seconde, la circonvallation, est orientée vers l'extérieur. Elle s'étend sur 21 km de long pour arrêter les troupes susceptibles de venir à leur secours. Pour renforcer le dispositif, le général romain implante un ensemble de pièges très élaboré à l'avant de chaque ligne.

Premier échec

Évidemment, les Gaulois ne se contentent pas d’observer les Romains. La première sortie de leurs cavaliers se solde néanmoins par une défaite et Vercingétorix décide de les envoyer chercher des renforts sur toute la Gaule. Puis les jours passent. Les fortifications romaines se développent à vue d’œil. Les assiégés sont tiraillés par la faim. Que faire ? Se rendre ? Tenter une nouvelle sortie ? D'après les Commentaires de César, Critognatos, propose de faire “servir à la prolongation de leurs existences ” les “ bouches inutiles”.

“Après discussion, on décide que ceux qui, malades ou trop âgés, ne peuvent rendre des services, sortiront de la ville et qu’on tentera tout avant d’en venir au parti de Critognatos” (De Bello Gallico, VII, 77-78). Les expulsés sont également rejetés par les Romains. Errant entre l'oppidum et les lignes ennemies, ils meurent de faim ou sont massacrés.

L'arrivée des secours

Enfin les secours apparaissent sur une colline voisine. Une armée gigantesque : 240 000 fantassins et 8000 cavaliers, d'après César.

Nouveau combat de cavalerie, nouvelle victoire des Romains. Une journée s'écoule. Au milieu de la nuit suivante, assiégés et troupes de secours prennent avec ardeur les lignes romaines entre deux feux. En vain.

“Repoussés par deux fois avec de grandes pertes”, les Gaulois mobilisent, dans une troisième tentative, toutes leurs forces contre les points faibles ennemis. “On se bat partout à la fois, on s'attaque à tous les ouvrages”, rapporte l'auteur des Commentaires. Des heures durant, l'issue de cet ultime combat est incertaine.

Mais, une fois de plus, la fortune sourit à César. Sous la pression des Romains appuyés par les Germains, les Gaulois de l'armée de secours s'enfuient. Vercingétorix se replie alors dans l'oppidum et choisit de se rendre pour épargner ses hommes. La “bataille”, le siège d’Alésia aura probablement duré entre un mois et demi et deux mois. L’expérience, la discipline, la résistance des troupes romaines associées à une exceptionnelle maîtrise de l’art du siège ont assuré un avantage permanent à César.

La conquête des Gaules n’est pas terminée pour autant : en 51 avant J-C, Bituriges, Carnutes, Bellovaques, Cadurques, entre autres, donneront encore bien du fil à retordre à César avant que la victoire romaine sur les peuples gaulois ne soit définitive.

Le MuséoParc Alésia

Le Centre d’interprétation

Le parcours thématique du Centre d’interprétation propose une découverte dynamique et interactive du siège d’Alésia. Objets antiques et fac-similés, diorama, films, maquettes, bornes multimédia et reconstitutions de machines de guerre donnent à chacun les clés pour comprendre l’histoire du site. De nombreuses animations sont également proposées, destinées tant aux enfants qu’aux adultes. Ainsi, le visiteur peut se plonger au cœur des combats et se laisser surprendre par l’impressionnante reconstitution des lignes de fortifications romaines. Une immersion grandeur nature.

Portés par une scénographie qui les plonge au coeur du siège et de la bataille finale, les visiteurs vivent une expérience au cours de laquelle ils vont comprendre l’histoire de ce site, apprendre à regarder les signes dans le paysage mais aussi partager un lieu, un moment, un récit. Interpréter, c’est aussi déchiffrer les photographies que l’archéologie aérienne nous donne et les indices plus ou moins bien conservés que livre l’archéologie.

Les vestiges de la ville gallo-romaine

Après la défaite de Vercingétorix, l’oppidum continue d’être occupé. Une ville gallo-romaine prospère se développe grâce, notamment, à l’activité d’artisans spécialisés dans le travail du bronze. Elle est abandonnée au Ve siècle. La population peut être estimée alors à quelques milliers de personnes. De cette ville antique, il ne reste que des vestiges fortement arasés. Ils correspondent aux fondations et aux structures enterrées des monuments et habitations construits durant plusieurs siècles.

Le centre monumental réunit les principaux bâtiments religieux, administratifs et économiques, selon le modèle diffusé par Rome dans tout l’Empire : théâtre, sanctuaire principal de la cité, basilique civile et forum. Il s’est constitué peu à peu et à été l’objet d’incessants aménagement. Financés grâce à la générosité des notables de la ville, les différents édifices ont reçu un riche décor presque totalement disparu aujourd’hui.

La statue de Vercingétorix

Rendez-vous à l’ouest du Mont-Auxois, précisément là où l’oppidum domine le champ de la dernière bataille opposant les Gaulois aux Romains, pour découvrir l’emblème du site d’Alésia. Pour commémorer la fin et le succès des recherches entreprises à Alésia, Napoléon III commande au sculpteur Aimé Millet une statue colossale de Vercingétorix. Haute de 6,60 mètres, cette oeuvre en tôle de cuivre est érigée en 1865. Son socle en pierre de 7 mètres a été dessiné par l’architecte Viollet-le-Duc. Le visage de Vercingétorix, inspiré par Napoléon III jeune, et son attitude expriment la résignation après la défaite. La représentation est empreinte d’anachronismes : le collier de perles est de pure fantaisie ; la cuirasse, l’épée et les bandelettes qui enserrent les braies (pantalons) appartiennent à d’autres époques... Le tout est conforme à l’image diffusée aux XIXe et XXe siècles par l’imagerie populaire et les manuels scolaires : des Gaulois moustachus aux cheveux longs, portant des casques à ailes ou à cornes, aimant la guerre et la chasse, vivant dans des huttes. Autant d’idées reçues qui sont aujourd’hui démenties par les découvertes archéologiques et la relecture des textes antiques.

Pour plus d’informations : www.alesia.com

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